Hommage au Père Villon

Le père Maurice Villon est décédé le 13 septembre 2018. Il a été curé de St Vincent de Paul de 1976 à 2000, date de fusion des trois anciennes paroisses de Sotteville, soit 24 ans auprès des sottevillais...
Voici quatre témoignages de personnes qui en étaient proches.

 

Père Maurice Villon


Nous sommes revenus sur Saint Vincent de Paul au printemps 1979. Nous avons alors connu Maurice Villon.
C’était un homme de grande qualité. Ce fut pour moi un père spirituel !
Il était d’une grande simplicité, d’une grande modestie. Il était très attaché au concile. J’adhérais à sa spiritualité. J’en rapporte ici deux traits.
On dit que lors d’une réunion probablement de MCR ils ont parlé d’Hitler que chacune des dames avait du mal à aimer et que, sûrement, à leur avis, elles ne le retrouveraient pas au paradis. Il leur aurait demandé pourquoi à leur avis car lui n’en savait rien, vu la grandeur de la bonté et de la miséricorde divines ! Peut-être le retrouverez vous en y arrivant !
Et la dame aurait alors répondu : « si vous le dites monsieur le curé c’est sûrement vrai mais alors je demande une chose au bon Dieu, c’est de ne pas être assise à côté de lui ! »
Et une chose qui me touchait lors des messes qu’il célébrait, à la fin, lors de la bénédiction il disait « que Dieu qui est Amour vous bénisse » ou parfois « Dieu tout-puissant d’Amour ». Pour lui le terme « tout puissant » concernant Dieu était trop ambigu pour ceux qui l’entendaient. Pour moi, simple laïc, c’est la même chose et je tient ça de lui. Il n’avait absolument rien contre la toute puissance de notre Dieu en Amour !
Merci « l’abbé » !

Pierre et Françoise

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Né en 1920 ta maman a subi une césarienne.
La religieuse qui donne les soins te trouve mal en point, dans la précipitation te baptise.
Le lendemain, tu es là fragile, elle réalise à nouveau le baptême plus posément.
Enfin un prêtre de la famille te baptise à nouveau.
Ainsi 3 fois baptisé.

Qui a fait le 1 er Pas ? Toi
1984, un jeune médecin ouvre son cabinet en face de l'Eglise St Vincent de Paul.
Tu vas le saluer. Jean-Jacques t'invite à dîner. L'amitié s'installe. Tu partages avec lui tes lectures, ta vision du monde.
Les enfants tour à tour enfants de chœur et Toi tu es présent auprès de nous comme auprès de tous, simplement.
Les années passent. Attentif, discret tu apportes à chacun une écoute, un réconfort. Tu emmènes ceux qui frappent à ta porte à l'épicerie du quartier.

Mai 1997
Il y eut un soir, il y eut un matin, ce fut le Jour...
Cadeau de Dieu
Le 1er trésor ce fut ta présence apaisante.
Le 2ème trésor une Vision qui me fit Chrétienne en un instant.
Grâce à Toi Maurice, j'ai gardé les pieds sur terre...
Tes mots résonnent encore « Dieu t'a appelée ici au milieu des tiens »
Invitée à la préparation au Baptême. Nous avons lu ensemble la Bible discutant avec une équipe, puis de longs moments lors de nos rencontres familiales.
« C'est à l'Amour que vous aurez les uns pour les autres que l'on vous reconnaîtra. »
Baptême Pâques 1998.
Au cœur de ta Vie, l'Evangile :
Tu ne t'es pas dérobé. Tu as eu sans cesse le Souci des Autres.

Le Seigneur t'appelle à nouveau  en ce jour de Septembre 2018 « Mets tes Pas dans les Miens »
Tu as répondu « Me Voici »

Laurence

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Depuis 1974 à l’ombre de l’Église Saint-Vincent de Paul, le Père Maurice VILLON dès son arrivée, représentait pour nous parents, pour eux, nos quatre enfants, une figure référente de la vie d’Église.
Présent à chaque évènement de notre vie familiale : attente d’enfants (les "jumeaux "), baptême, profession de foi, mariage, accueil de notre fils servant d’autel.
Présent auprès de Catherine pendant près de 20 ans pour la 3ème année de catéchisme, initiateur de l’animation liturgique laïque avec Didier.
Nous avons partagé avec lui, nos joies de famille, même à table, ses peines de santé à l’hôpital de Martot, allongé sur son lit et souffrant de ses vertèbres, nos peines aussi.
C’est avec un réel dévouement, qu’il avait accepté ce transport aller-retour dans la banlieue de Mantes-la-Jolie afin de célébrer le baptême d’une de nos petites-filles.
Partagé aussi les déménagements, les inondations de chapelle, les aides aux gens de passage, les rangements et améliorations (statues et prie-Dieu entres autres).
Notre dernière rencontre, rue d’Ernemont, pour une visite et promenade dans les jardins fût l’occasion, alors que ses souvenirs s’effaçaient déjà un peu, de retrouver notre ami et Père spirituel.
À Dieu l’abbé !       

Catherine et Didier

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C’est difficile de parler du père Villon parce qu’il n’aimait pas que l’on parle de lui. Mais, non, ce n’est pas la peine, nous aurait-il dit.  Et pourtant, le  père Villon a  passé 24 années parmi les sottevillais. Il était très apprécié par ses voisins, participait à leurs rencontres à l’occasion du jour de l’An par exemple. D’ailleurs des voisins qui ne venaient jamais à la messe ont tenu à donner quelque chose pour le cadeau de son départ en 2000.
Il a suivi des familles, de la grossesse de la maman au baptême de l’enfant de l’aîné de la famille. Invité dans un foyer, il allait faire un bisou aux enfants avant de partir. Il avait ce côté père de famille qui le rendait attachant. Il demandait toujours des nouvelles des  enfants qu’il avait vu grandir.
Il avait le souci de l’Eglise et de son unité, a remis en route les animations liturgiques. Il avait une juste vision de l’avenir, il avait voulu que l’on fasse un journal inter-paroissial à l’époque où il y avait trois paroisses à Sotteville pour nous habituer à travailler ensemble. Un jour, il n’y aura qu’une seule paroisse à Sotteville nous disait-il.
C’était un homme de grande qualité, d’une grande simplicité, d’une grande modestie. Parfois rebelle quand il le jugeait utile, il aimait donner des responsabilités aux laïcs, n’était pas jaloux de son pouvoir. A l’occasion de certaines journées nationales de la communication ou du secours catholique, par exemple,  il n’hésitait pas à laisser la parole aux laïcs même si, dans les textes, cela ne doit pas se faire. Pour lui, les mouvements et services étaient importants pas seulement en paroles mais faisait partie intégrante de la vie de la communauté et de l’Eglise.
Il a été aussi un père spirituel pour beaucoup. Il était très attaché au Concile. Il maniait avec précaution « la toute puissance de Dieu » et préférait à la fin de la messe dire «  Que Dieu qui est amour vous bénisse ! » Il s’extasiait sur la grandeur de la bonté et de la miséricorde divine. Parmi les enfants de chœur qui l’ont entouré 2 sont devenus prêtres.  
La séparation au bout de 24 ans a été douloureuse pour l’un comme pour les autres mais il a été fort bien accueilli par la communauté de la paroisse de Saint-Paul de Quevilly-Couronne  et il s’est installé dans le logement de la rue de l’abbé Lemire avec l’aide des paroissiens.  
Pour tout ce que les sottevillais ont vécu avec Maurice avec toute leur reconnaissance,
Merci, l’abbé.

Michelle


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